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Ayden : « La femme Glam Ethnik est sexy mais pas vulgaire »

Ayden a ajouté une nouvelle corde à son arc : la création d'une ligne de prêt-à-porter. (Photo : DR)
Ayden a ajouté une nouvelle corde à son arc : la création d'une ligne de prêt-à-porter. (Photo : DR)

Le bac en poche, Ayden s'envole pour Paris poursuivre des études de journalisme.

Elle fera ses armes en presse écrite et à la télévision. S'en suivront la présentation

de défilés dans plusieurs pays. Aujourd'hui, elle ajoute une nouvelle corde à son arc

en lançant sa ligne de prêt-à-porter, Glam Ethnik.  

Animatrice, productrice TV et maintenant créatrice de la ligne de prêt-à-porter

Glam Ethnik. À quel moment avez-vous eu envie de créer votre propre marque ?

Cette envie est née il y a dix ans. D'ailleurs, j'ai créé le nom il y a dix ans. Le nom a été une évidence. J’avais mis cette envie en stand-by par rapport à mes activités télé qui me prenaient du temps. Aujourd'hui, je pense avoir trouvé un style à proposer. Il y a des coupes qui me sont propres, où les femmes se sont retrouvées. Et même si il y aura plusieurs variations en terme de modèles, je pense que cette ligne directrice va être retrouvée au fil des collections.

 

Comment se fait le choix des couleurs, des matières ?

Il est établi dans ma tête. J'aime les couleurs primaires : le rouge vif, le jaune soleil et le bleu. Ce sont des couleurs proches des éléments naturels : le feu, la terre, la mer. J'aime aussi tout ce qui est glam. Le côté or, argent, bronze est important et on le retrouve en signature sur certains modèles. Je n'aime pas les choses chargées ou excentriques et c'est pour cela que les lignes des vêtements sont dépouillées. Cet été, j'ai conçu des modèles en madras. Il m'a toujours interpellée. En tant que fashionista, j'estime qu'on doit porter n'importe quelle tenue ou tissu et que ça fasse « in ». 

 

Vous utilisez également le kinta et le kinté...

Le kinta et le kinté sont à peu près les mêmes tissus mais on dit kinté au Ghana et kinta en Côté d'Ivoire. C'est cette étoffe tissée mains surnommé « l’étoffe des rois » parce qu'elle est portée pour les cérémonies importantes de la vie (mariage, rites funéraires, intronisation du chef). Elles sont en général drapées avec des bijoux associés. Maintenant il y a une alternative qu'on retrouve dans des vêtements d'usage courant. J'ai trouvé ça très intéressant parce qu'il y avait cette facilité d'utilisation et d'entretien. J'ai eu un vrai coup de cœur.

 

Comment travaillez-vous ?

Je dessine, choisis les modèles. Une partie a été confectionnée dans un atelier de fabrication français. J'ai fait concevoir le patronage après, tout est construit aux normes internationales que se soit au niveau des tailles, des finitions. Une partie des modèles a été faite en Côte d'Ivoire, notamment les prototypes. Et j'ai pratiquement tout fait main pour la collection madras.

 

Qui est la femme qui porte les vêtements Glam Ethnik ?

C’est une femme bien dans sa tête et sa silhouette. Les vêtements Glam Ethnik ont une identité. Il faut que la femme accepte sa part d'ouverture sur le monde et notamment sa part d'africanité. J'estime qu'en tant que femme créole, nous avons la chance d'être à un carrefour de plusieurs cultures : l'Inde, l’Europe et l'Afrique. La femme ose des formes qui mettent en avant sa silhouette. Elle accentue ses atouts avec délicatesse. Elle est sexy mais jamais vulgaire.

 

Votre première collection se nomme Afro pin-up. La femme doit assumer ses formes ?

J'aimais ce côté rétro-chic-sexy. Quand on pense aux visuels des pin-up notamment Marylyn Monroe, qui est la pin-up par excellence, c'est une femme qui a des formes et qui souligne ses atouts en masquant un peu plus ce qu'elle aime moins.

 

De plus en plus de créateurs utilisent le wax, le marché est en pleine explosion. Comment se différencier quand on souhaite se lancer et comment comptez-vous faire la différence ?

Les marques qui proposent du wax explosent, il y en a beaucoup mais on a du mal à les dissocier parce que souvent, elles utilisent le même tissu. À un moment, il faut qu'on identifie la signature en accentuant la communication. Je pense faire la différence parce que ma marque a une identité forte. Les couleurs qui me parlent sont les mêmes depuis dix ans.

Je vais m'amuser sur les formes, les tissus par exemple.

 

Vous avez présenté votre marque à Paris lors du Labo international, au jubilé

de Murielle Hurtis, en Martinique et en Guadeloupe. On vous surnomme

« La plus africaine des antillaises », comptez-vous présenter votre marque

en Afrique ?

Si on m'invite a présenter la marque je ne dirai pas non. Mais je ne veux pas qu'il y ait d'amalgame. Mon métier est de continuer à mettre en valeur les créateurs. L'Afrique est tellement vaste. Il y a beaucoup de créateurs qui font bien leur travail. Le marché est saturé là-bas. Je trouve qu'en Guadeloupe, on a beaucoup moins de créateurs. J'ai quelque chose a apporter surtout en prêt-à-porter.

 

« La mode n'est pas une question de taille mais d'attitude. » Qu'en pensez-vous ?

Je suis totalement d'accord. Peut importe sa taille, si une femme est bien dans sa peau et surtout qu'elle sait ce qui lui va, elle peut transcender n'importe quel vêtement. Maintenant, une femme peut avoir le profil mannequin et ne pas avoir d'assurance, de tenue, il n'y aura pas d’effet. L'idée est de se connaître.

 

Quels sont vos projets ?

Concernant ma marque et les Antilles, préparer du réassort parce que j'ai eu beaucoup de demandes notamment sur les grandes tailles. Pour la collection hiver à Paris, les matières seront plus chaudes et je pars sur différents coloris. Il faut aussi s’adapter aux saisons.

 

Un dernier mot ?

Vous êtes toutes sublimes dans votre différence. Il faut oser être soi-même. Alors faites vous plaisir. Soyez vous-mêmes, n'ayez pas peur du regard d'autrui. Vous êtes magnifiques!

 

Les créations d'Ayden sont en vente à la boutique Les Créateurs, aux Abymes et à la boutique

de l'hôtel la Batelière en Martinique.

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