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Belles en corset  

Photo : Éric Corbel

De sous-vêtement à vêtement, le corset s'est au fil du temps imposé dans les garde-robes. Candidates à des élections de miss, futures mariées ou artistes, elles ont un jour fait appel au corsetier David Pruvost pour les sublimer.

Installé depuis plusieurs années en Guadeloupe, David Pruvost habille les candidates aux élections de miss. (Photo DR)
Installé depuis plusieurs années en Guadeloupe, David Pruvost habille les candidates aux élections de miss. (Photo DR)

Le football n'aura pas eu raison de David Pruvost, pourtant élevé dans une région où ce sport est légion. Petit, aux passes sur un terrain, il préfère jouer à la Barbie avec ses sœurs et regarder sa mère couturière en usine à l’œuvre. « Ce que je fais, elle aurait voulu le faire mais elle n'avait pas les moyens. Je la voyais travailler à la maison, j'étais toujours aux aguets », confie le corsetier. Mais il ne sera pas tout de suite happé par l’univers de la mode. Au moment de faire des choix, le créateur s'oriente vers un BTS commerce. Après un passage dans la vente, il a le déclic. Ce qui le motive, c'est de créer. Sa réorientation professionnelle s'effectue avec facilité. Il boucle les programmes en un an au lieu de quatre, passe son diplôme de styliste avant de poursuivre « une formation en tant que corsetier qu'on ne trouve pas forcément dans les écoles mais directement sur le terrain. Pour peaufiner, j'ai une formation en école de création de sous-vêtements féminins ce qui a permis d'adapter à la corseterie », souligne-t-il.

Le corset devient son vêtement de prédilection. « Il n'y a rien de plus sexy qu'une femme qui porte un corset. Il met en valeur la poitrine, marque la taille... On s'en sert comme un atout et pas comme un défaut selon sa forme. »

 

Un nouveau départ

Les armatures métalliques autrefois utilisées ont laissé place à des armatures en plastique, qui se modifient à la chaleur du corps pour une meilleure aisance. Pas moins de cinq couches de tissus mais « on peut aller jusqu'à six-huit, tout dépend de l’épaisseur » sont nécessaires à la réalisation d'un corset. Dentelles de Calais, soie, cuir, plumes du Brésil sont utilisés pour confectionner les tenues de jeunes mariées, de candidates aux élections de miss, d'artistes ou tout simplement de clientes qui veulent se faire plaisir. À l'entrée de son atelier, un ensemble corset rouge est suspendu. « La cliente doit le récupérer, c'est une tenue pour le 31 décembre », glisse David Pruvost. Pour cette confection, il n'y aura pas eu d'essayage, comme pour la plupart de celles qu'il réalise. C'est sa façon de travailler. Tout est une question de feeling mais aussi de confiance. «  Je travaille au visuel, j'arrive à me rappeler la morphologie des personnes. Les clientes portent la robe finie. C'est très rare que j'ai des retouches à faire sauf si elles ont perdu du poids. »

« Discuter de tout et de rien » pour comprendre la demande de la cliente et faire ressortir sa personnalité au travers de ses réalisations est important pour ce perfectionniste, qui considère que son contrat est terminé « quand la mariée quitte l'église ». Comme un ange gardien, il n'est jamais loin le jour J. À la mairie ou à l'église, il est prêt à intervenir. « J'ai tout le nécessaire si il arrive quoi que ce soit sur la robe. »

Mais après neuf années passées en Guadeloupe semées d'embûches, David Pruvost qui un temps a pensé arrêter son activité, voguera vers d'autres horizons début 2016. « Je repars en Métropole travailler avec un créateur et m'orienter vers la création haute couture. » Sourire aux lèvres, il n'en dira pas plus mais continuera tout de même de travailler avec ses clientes basées en Guadeloupe. Une année qui s'annonce riche, puisque plusieurs défilés et projets sont déjà prévus.

Célia LABRY

 Être reconnu à l'international

 

Arlène Tacite.
Arlène Tacite.

Depuis quelques années maintenant, David Pruvost habille les candidates aux élections de miss régionales et internationales. Au mois de novembre, Julie Lurel, première dauphine à l’élection Miss Queen of the World qui se déroulait à Saint-Domingue, a également remporté le prix Fashion designer. « Ça fait quatre ans que je travaille avec Mr Nandan (NDLR, président du Comité miss international Guadeloupe). C'est la troisième fille que j'habille pour cette élection. C'est un prix que je voulais. Cela a été une fierté quand Julie m'a dit qu'elle l'avait eu. On est hors de la France, de la Guadeloupe, ça ajoute un cachet supplémentaire à mon travail. »

Moins chanceuse samedi 19 décembre, à l’élection de Miss Monde 2015, à Sanya, en Chine Arlène Tacite, miss World Guadeloupe 2015 a tout de même fait partie du Top 10 designer avec une tenue du créateur.

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