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Alicia Herbeth : "Je veux défiler pour Victoria's secret "

Alicia Herbeth pour Elle Suède. (Photo : Sara Bille)
Alicia Herbeth pour Elle Suède. (Photo : Sara Bille)

Du haut de son mètre soixante-seize, Alicia Herbeth 19 ans, qui a fait de ses tâches de rousseur son atout beauté est mannequin commercial. Un an après avoir remporté le Prix agence lors de la première édition du concours Zaïgo Fashion Face by Victoria L l'an dernier, la jeune femme a déjà quelques parutions dans les magazines Elle Suède, Glamour et Cosmopolitan Afrique du Sud.  Récemment elle a participé à une campagne H&M. 

Très jeune vous posez pour des photographes, défilez au Salon du mariage... Pensiez-vous déjà à entamer une carrière dans le mannequinat ? 

J'ai toujours voulu être mannequin. Autour de moi, on me disait que j'avais la taille, que j'étais mince...alors je me suis lancée. Mais ce n'était pas comme je le pensais car en Guadeloupe c'est difficile.

 

Par la suite en 2014, vous participez à l'élection de miss Le Moule où vous êtes élue première dauphine. Quelle expérience en avez-vous tiré ?

J’ai participé à cette élection pour me former, m'entraîner à marcher même si la marche des miss et la marche lors des défilés est différente. C'était aussi pour être moins timide.

 

Une autre étape avant d'intégrer le milieu de la mode...

Oui, mais c'est le mannequinat qui m'attirait. N'étant pas très développé en Guadeloupe, j'ai participé à cette élection. Ce n'était pas une mauvaise expérience mais je savais que je n'allais pas continuer dans cette voie.

 

Entre-temps, avez-vous participez à des concours de mannequins ?

J'ai participé au concours Élite Antilles-Guyane en 2015, avant le concours Zaïgo Fashion Face by Victoria L. J'ai été retenue pour la demie finale mais pas pour la finale. J'étais vraiment très déçue parce que pour moi, Élite c'était LE concours. Je me suis quand même inscrite au concours Zaïgo Fashion Face by Victoria L mais le prix qui m’intéressait le plus c'était le Prix agence.

 

Que vous avez remporté…

Oui… Et on m'a donné le choix. Soit je restais en Guadeloupe et je partais quelques fois à Paris pour des shootings, ce qui aurait été difficile ou soit je m'installais là-bas pour me lancer. Et comme c'était mon rêve, je n'ai pas hésité. Quelques semaines après, je suis partie.

 

Où en étiez-vous de vos études à ce moment ?

Je venais d'avoir mon bac S. J'étais déjà inscrite à l’université pour intégrer un cursus Staps (Sciences et techniques des activités physiques et sportives), j'avais déjà mon appartement. Je me suis réorientée et inscrite en licence anglais-espagnol. Ce n'était pas plus mal parce que j'avais vraiment besoin de l'anglais pour le mannequinat. Je n’ai pas pu continuer à cause des déplacements. (Alicia a depuis entamé des études par correspondance).

 

Quelle a été la réaction de votre entourage quand vous avez décidé de vous lancer dans ce milieu ?

Ça a été compliqué parce que j'avais été acceptée à l'université et que je n'y allais plus. Les études passent avant tout pour ma mère. On en a discuté et elle a accepté mon choix à condition que je poursuive mes études. Je pense que ça sera compliqué mais je ne veux pas dire adieu aux études, je ne sais pas si je vais me faire un nom dans le mannequinat. Mon père m'a dit de suivre mes rêves si c'est ce que je voulais faire.

 

Comment s'est passée votre arrivée dans votre nouvelle agence Crystal management à Paris ?

C'était dur au début. On m'a dit qu'il faudrait tout revoir au niveau physique parce que j'avais les cheveux blonds et qu'il fallait que je retourne à ma couleur naturelle... Il a aussi fallu que j'apprenne à m’habiller dans des tons foncés. Il y avait tout à reprendre. J'ai eu plusieurs shootings test pour me former, apprendre à poser…

 

Vous avez passé deux mois en Afrique du Sud. Pour quelles raisons ?

Je veux intégrer une agence à New York mais pour cela, il me faut un visa de travail. Il faut prouver qu'on est mannequin. Comme je n'avais pas assez de parutions dans les magazines et que le marché pour les métisses est compliqué à Paris, mon agence-mère m'a fait partir en Afrique pour des parutions dans différents magazines comme Cosmopolitan, Glamour Afrique du Sud, etc. J'ai également travaillé sur des shootings pour des marques de vêtements.

 

Un marché “ fermé” pour les métisses ? Qu'entendez-vous par là ?

Il y a des castings où on ne recherche que des métisses et il n'y en a pas énormément, d'où le fait que ça soit difficile. Et comme il n'y en a pas beaucoup, je dois à tout prix faire mes preuves si je veux le job.

 

Vous avez une agence bien précise que vous souhaitez intégrer à New York ?

Mon placement a commencé j'aurais des réponses bientôt...

  

Qu'est-ce qui vous plaît dans ce milieu ?

Un peu tout. De la coiffure en passant par le maquillage jusqu'à être devant l'objectif. C'est toujours ce que j'ai voulu. Quand j'étais petite, je regardais les magazines et je me disais que je voulais que ça soit moi.

 

Aujourd'hui, qu'est-ce qui a changé dans votre vie ?

J'ai grandi. Je vis seule, je dois tout gérer. J'ai mûri et je suis beaucoup moins timide. Je vais plus vers les gens je n'ai pas vraiment le choix quand je pars seule...

 

Et l’éloignement familial comment l'avez-vous géré ?

Je suis très souvent en contact avec ma mère donc je ne ressens pas vraiment l’éloignement mais je ressens le besoin de revenir, d'être proche de ma famille…

 

Jusqu’à maintenant dans votre carrière quel est votre meilleur souvenir ?

Mon shooting pour la campagne Esprit. L'équipe était magnifique, on ne s'est pas du tout ennuyé pendant le shopping. Il y a aussi mon premier défilé pour Desigual en juin.

 

Vous arrive-t-il de douter ?

Oui.. Pas pour le mannequinat mais quand je me demande s’il n'aurait pas mieux fallu que je termine ma licence que j'ai au moins trois années d'études, un diplôme et que je me lance après. Mais se lancer à 22 ans, ça fait tard.

 

Quels sont vos modèles ?

Élodie Monrose, un modèle antillais qui a évolué très vite.

 

Quel regard portez-vous sur le monde de la mode en Guadeloupe ?

Il faudrait qu'il existe aux Antilles une agence-mère qui permette de lancer les filles parce que c'est vraiment compliqué de débuter par soi-même, de se tenir informer des concours.

 

C'était votre cas ?

Au début, je cherchais tout le temps. Surtout après Élite car ça m’était resté en travers de la gorge. Je l'avais vécu comme un échec. On m'a parlé de Zaïgo… et je l'ai tenté.

 

Comment vous voyez-vous dans quelques années, avez-vous des projets à long terme ?

J'aimerais vivre aux États-Unis et également poser pour le magazine Vogue, pas forcément en France, mais je veux au moins poser pour un Vogue. Dans cinq ans, j'espère toujours être mannequin et plus tard, exercer un métier dans la mode. Mais le but que je cherche à atteindre c'est de défiler pour Victoria's secret.

 

Avez-vous un message à faire passer aux jeunes qui souhaiteraient se lancer ?  

Il ne faut pas perdre espoir même si c'est hyper difficile en Guadeloupe et que le chemin sera semé d'embûches. 

 

Propos recueillis par Célia LABRY

Campagne H&M. (Photo : Pauline Sutor)
Campagne H&M. (Photo : Pauline Sutor)
Parution Elle Suède. (Photo : Sara Bille)
Parution Elle Suède. (Photo : Sara Bille)

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