· 

Karly Loyce : « Je suis vraiment fière du chemin parcouru »

Photo : Terry Richardson.
Photo : Terry Richardson.

Originaire de la Martinique, Karly Loyce est repérée dans les rues de Paris, alors qu'elle est étudiante en biologie. Déconcertée au début, la jeune femme décide par curiosité de tenter sa chance dans le mannequinat. Le résultat s'avérera concluant. Elle défile pour la marque Céline, qui en fera l'égérie de sa campagne automne-hiver 2014-2015. Le début d'une belle carrière pour Karly Loyce, qui désormais arpente les podiums des Fashion Week. 

Lorsque vous viviez en Martinique, avez-vous eu l'occasion de participer à des défilés ou des concours de beauté ? Que représentait la mode pour vous ?

En Martinique je n'ai pas participé à des défilés, j'étais plutôt concentrée sur mes études. Mais souvent, les gens me demandaient pourquoi je ne me lançais pas dans le mannequinat vu ma taille, (sourire) mais je n'y faisais pas attention. Je ne m’intéressais pas trop au monde de la mode. J'ai cependant toujours aimé les vêtements et surtout les chaussures sans réellement prêter attention aux designers, stylistes, photographes ….

 

Vous défilez pour la première fois pour la marque Céline, qui fera de vous son égérie pour sa campagne automne-hiver 2015, et réitérera l'expérience pour sa campagne automne-hiver 2016. Comment expliquez-vous cette confiance que la marque vous accorde ?

Ce défilé représente beaucoup pour moi. C'est grâce à la confiance que m'a accordée cette marque, que je suis à ce niveau aujourd'hui. Je ne pourrais dire exactement pourquoi elle me fait autant confiance. Je pense que c'est peut-être parce qu'on passe toujours de bons moments sur le set, ils sont tellement adorables.

 

Par la suite, vous participez à de nombreux défilés, faites la couv d'I.D... Quel regard portez-vous sur ces derniers mois et comment fait-on pour garder les pieds sur terre ?

Je suis extrêmement reconnaissante de la confiance que toutes ces marques m'accordent. C'est un plaisir et un honneur pour moi de participer à tous ces shows. Je suis fière de moi, du chemin que j'ai parcouru depuis mes débuts, ce métier m'a beaucoup apporté. J'ai la chance d'avoir à mes cotés, une équipe de bookeurs de choc, qui sont juste géniaux. Le fait de rentrer chez moi, de retrouver ma famille et mes habitudes, me permet de me ressourcer et de me souvenir d'où je viens et ainsi garder les pieds sur terre.

 

Quel(s) sentiment(s) vous habite(nt) avant de monter sur le catwalk ?

Dans le line-up, je suis super excitée de participer au show, d'être apprêtée, de porter de belles tenues. Une fois que le show commence, le sentiment omniprésent est la volonté de mettre en valeur la tenue que je porte, de façon à faire ressortir ce que le designer avait imaginé dans ses dessins.

 

Vous portez l'afro depuis vos débuts. Dans un milieu où les femmes noires sont peu représentées, avez-vous ressenti à un moment que ça pourrait poser problème ?

Lors de mon premier show, j'étais un peu anxieuse car j'ai toujours pris soin de mes cheveux et je ne savais pas si j'aurais trouvé un coiffeur qui s'y connaîtrait en cheveux crépus. Finalement, ça a été. Avec quelques conseils de ma part, ils ont su y faire. Je suis tellement fière de pouvoir défiler encore et encore avec mon afro.

 

Lorsqu'on parle de mannequinat, on pense souvent à des voyages aux quatre coins du globe, à des shootings dans des cadres magnifiques... Mais au-delà des paillettes qu'y a t-il vraiment ?

Le mannequinat est un métier enrichissant car on voyage beaucoup, on apprend énormément des pays que l'on visite. Mais comme dans tout métier, il y a quelques inconvénients. On est souvent loin de ses proches, on rate beaucoup d'anniversaires, de fêtes familiales... On se retrouve souvent seul, c'est le seul gros inconvénient du métier. Après, il faut être patiente, indulgente et garder les pieds sur terre.

 

Quel est votre meilleur souvenir dans ce métier? Celui qui vous a laissé un goût amer?

Je ne pourrais pas parler d'un souvenir en particulier car il y en a tellement (mon premier défilé pour Céline, le défilé croisière de Chanel à Cuba, ma première fois a New York, etc). J'essaie de savourer chaque instant qui se présente à moi dans ce métier et dans ma vie en général. En revanche, ce qui est un peu dommage, ce sont les anniversaires et fêtes que je rate avec mes proches.

 

Vous êtes jeune, au début de votre carrière. Pensez-vous déjà à la suite, la biologie aura t-elle encore sa place dans vote vie ?

Je n’ai pas du tout mis de côté la biologie. Je sais que quoi qu'il arrive, je retournerai étudier quand j'aurai un peu plus de temps. Je continue de me documenter sur ce que j'étudiais en cours pour ne pas perdre mes connaissances. Je pense cependant continuer à évoluer dans le monde du mannequinat tant que possible et qui sait, par la suite, retourner dans le monde de la biologie cellulaire.

 

Si vous n'étiez pas mannequin, quelle profession auriez-vous aimé exercer ?

J'aurais continué mon cursus pour devenir ingénieur biologiste.

 

Vous avez eu l'occasion d'ouvrir et de clore des défilés, c'est un honneur pour un mannequin…

En tant que mannequin, c'est effectivement un grand honneur d'ouvrir ou de fermer un show car c'est à vous que le designer fait confiance afin de donner l'énergie qu'il faut pour lancer ou clore le show. On ne peut pas rêver mieux !

 

En avril 2015, vous avez été shootée pour une très belle série de photos par le sulfureux Terry Richardson pour Porter Magazine été 2016, quel souvenir gardez-vous de cette rencontre ?

Cette série de photos est l'une de mes préférées. J'ai eu la chance de découvrir ce lieu mythique qu'est le Cotton Club de Harlem, où des artistes noirs tel Louis Armstrong, Duke Ellington ont pu se produire. Cela a été un honneur de travailler avec le grand photographe Terry Richardson, le styliste Georges Cortina et le maquilleur Mark Carrasquillo.

 

Que vous dites-vous quand vous regardez le chemin parcouru ?

Je n'aurais jamais imaginé être à ce niveau il y a quelques années de cela. Je suis vraiment fière du chemin que j'ai parcouru depuis. Et je suis d'autant plus fière de faire partie de cette nouvelle génération de mannequins issus de la diversité.

 

Célia LABRY

 

 

Questions bonus

Un lieu pour vous ressourcer : la Martinique. On le sait tous, on retourne toujours où tout a commencé. 

Votre plat préféré : ti-nain, morue et concombre.

Si vous étiez un vêtement : une combinaison, c'est pratique, tendance et confortable.

Si vous étiez une matière : la soie (idéale pour toutes saisons, elle a une véritable vertu en matière de beauté )

Plutôt zouk ou dancehall ? J'aime bien le dancehall mais je n’exclus pas le zouk.

Photo : Terry Richardson.
Photo : Terry Richardson.
Photo : Terry Richardson.
Photo : Terry Richardson.

Écrire commentaire

Commentaires: 0