Danyrose Langeron : « Être mannequin ne se limite pas à être grande, belle et mince »

Shooting City Models
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Originaire de la Martinique plus précisément de La Trinité, Danyrose Langeron est découverte lors de l'édition 2016 du concours Your Angel model search. Aujourd'hui, à 18 ans, elle continue son bout de chemin en gardant la tête sur les épaules.

En 2016, vous participez au concours Your Angel Model Search que vous remportez à l'âge de 16 ans. Pourquoi vous êtes-vous inscrite ? Quelle a été la suite ?

 Je me souviens que ce jour-là, j’avais d'autres plans en tête. Je ne voulais pas « perdre mon temps » et surtout échouer, il y avait en moi une très forte hésitation. Je voulais à tout prix être sélectionnée. Ma mère connaissait la passion dévorante que j’avais pour le mannequinat, alors elle m’y a poussé. J'ai été demi-finaliste avec cinq autres filles des Antilles (Martinique/Guadeloupe). Nous avons eu une semaine d’immersion à l’hôtel Bakoua, aux Trois-Îlets pour des apprentissages intensifs (élocution, démarche, cuisine... et de nombreux shootings). Finaliste, j’ai dû partir dans les mois qui suivirent, pour « conquérir le monde », lol. Visant l’international, Your Angel m'a permis d’avoir plusieurs agences à travers le monde. 

 

Que représente l'agence Your Angel pour vous ?

En plus d’être mon agence mère, Your Angel est avant tout une deuxième famille. Il n’y a pas de rivalité et de compétition entre nous. Nous nous soutenons afin que chacun puisse trouver à sa place. De plus, nous avons l’avantage de tous bien nous entendre. Alors, que demander de mieux ?

 

En l'espace de deux ans, vous avez participé à plusieurs campagnes, défilé lors des fashion weeks, comment percevez-vous votre parcours en si peu de temps ?

C’est vrai qu’en deux ans, j’ai fait pas mal de choses. Même si je suis extrêmement fière, je me dis que rien n’est acquis et qu’il faut continuer à persévérer pour aller le plus loin possible. Et même si nous avons parfois tendance à nous reposer sur nos lauriers, il faut se mettre en tête que tout peut basculer. Pour moi, c’est comme un jeu dont le but est d’évoluer. Comme je le dis souvent, « tout succès a des sacrifices ».

 

Justement, quels sont les sacrifices que vous avez-dû faire ?

Accepter d'être loin de mes parents et de ma famille. Je me dois d'être tout le temps disponible pour les clients, donc ne pas pouvoir prendre de vacances comme je le souhaiterais.

 

Comment arrivez-vous à garder la tête sur les épaules ?

J’adore cette question, je n’ai pas le choix ! Je ne me laisse pas le choix ! Comment voulez-vous réussir si vous n'avez pas un minimum de responsabilités ? Je suis partie de mon foyer familial à 16 ans. Dieu merci, j’ai eu la chance d’être accueillie chez mon oncle à Paris. À 16 ans, j’étais un bébé aux yeux de tous. J’ai dû me forger et acquérir une certaine maturité. Quand je voyage, je suis seule. Donc je n’ai pas eu le choix que d’avoir la tête sur les épaules et m'endurcir. Aujourd’hui, j’ai 18 ans, et franchement, je m’épate de jour en jour. Mais je dois avouer que j’adore partir à l’aventure. J’adore le risque, l’inconnu. 

Le mannequinat est un milieu de requins, donc si tu n’es pas assez fort mentalement, tu te fais vite bouffer !

 

Les réseaux sociaux sont devenus les vitrines des marques mais aussi des mannequins, quel est votre rapport avec Instagram, Snapchat, Facebook... ?

Aujourd’hui les réseaux sociaux prennent énormément de place dans la société. Ils sont même devenus des outils de travail. Les clients aiment voir la vie quotidienne des mannequins. J'avoue que j’ai un peu de mal à poster des photos régulièrement. Mais ça arrive souvent que des marques, des photographes... me contactent directement via mon Instagram ainsi que mon Facebook pour me proposer des collaborations.

Avec Snapchat, j’essaie de toujours donner de mes nouvelles, je montre mes déplacements, mes shootings, bref, ma vie quotidienne. Donc c’est vrai que les réseaux sociaux font partie de mon quotidien. C’est tellement facile maintenant d’avoir le réflexe de prendre une photo pour la partager. 

 

Quel est votre meilleur souvenir depuis vos débuts ?

Mon voyage en Écosse lors d’un shooting pour la campagne Primark. Je suis restée trois jours dans ce pays, mais je crois que j’ai littéralement été marquée. Je suis quelqu’un qui préfère la campagne à la ville alors me retrouver à des endroits coupés du monde, loin de toute civilisation ne pouvait être que bénéfique pour moi. Le genre d’endroit où tu te remets en question, où tu as une autre perspective de la vie. C’est comme une purification de ton âme, ton cerveau tes pensées, tes ressentis, tes sentiments ...  Mais « le vide » et « l’infini » sont des endroits qui me passionnent et me permettent d’aller de l'avant.

 

Sur votre Instagram, on voit que vous êtes très attachée à votre île ? Que vous manque t-il le plus quand vous êtes à des milliers de kilomètres ?

Les plages, le climat tropical et bien sûr mes parents. C’est très important de ne pas oublier d’où l’on vient. Malgré le fait que je sois amenée à voir des paysages aussi beaux que mon île, elle ne cessera jamais de me manquer. Depuis mon départ en septembre 2016, j’y suis retournée trois fois. Quand on me demande d’où je viens et que le plus souvent les gens ne connaissent pas, je prends plaisir à leur montrer la Caraïbe et ses richesses. 

 

Quel est le meilleur conseil que l'on vous ait donné depuis vos débuts dans le milieu et par qui ?

Il n’y a pas de meilleur conseil. Je suis très bien encadrée et les conseils que l'on me donne sont tous des conseils capitaux et fondamentaux.

 

Y a t-il un designer ou une marque avec qui vous souhaiteriez collaborer ?

Victoria's Secret pourquoi pas ? C’est vrai que c’est le rêve de beaucoup de filles donc pourquoi ne pas me donner ce challenge. Je n’ai pas de noms en tête mais dès que je signe avec des clients c’est l’essentiel, car qui dit signer dit salaire.  

 

Pour quel magazine aimeriez-vous faire la couverture, pourquoi ?

J’aimerais bien faire la couverture de Vogue. Vogue pour moi c’est THE magazine. 

 

Vous êtes en agence à Paris et à New York, est-il plus facile d'avoir des contrats dans la Grosse Pomme ?

Si oui, comment expliquez-vous cela ?

J’ai une agence à Paris et à New York mais je trouve plus difficile de trouver du travail à New York car il y a beaucoup plus de filles noires donc plus de concurrence. Élite est une très grande agence avec énormément de Tops. Moi je ne suis qu’une nouvelle à leurs yeux. 

 

Quelles sont les qualités pour durer dans le métier ?

De la détermination c’est très important. Et pas uniquement dans ce milieu, de manière générale. 

 

Quel métier auriez-vous aimé exercer si vous n'étiez pas mannequin ?

Je pense que je me serais orientée vers la psychologie. Je me suis découvert une passion pour la psychanalyse en lisant des livres. Donc je serais restée dans ce milieu.

 

Avez-vous un message à faire passer aux jeunes filles antillaises qui rêvent de devenir mannequin ?

De toujours y croire et que rien n’est impossible. Même si le chemin est long et parfois difficile, ne jamais baisser les bras et toujours persévérer. Beaucoup pensent qu’il s’agit d’un métier facile, mais contrairement aux apparences non ! C’est très intense et très dur. Et comme je le dis souvent, être mannequin ne se limite pas à être grande, belle et mince. C’est bien plus que ça. 

 

La beauté ne suffit pas.. Que faut-il d'autre ?

Il faut avoir de la prestance, des traits de visages, quelque chose de fort dans le regard. Tu ne peux pas être chanteur si tu n'as pas la voix. C'est pareil...

Propos recueillis par Célia Labry

 

Instagram : @iamdanyrose

 

 

 

Wonderland magazine, photo : Cameron Postforoosh
Wonderland magazine, photo : Cameron Postforoosh
Campagne Nike PSG  x Jordan
Campagne Nike PSG x Jordan
(Photo : Giulio Rustichelli)
(Photo : Giulio Rustichelli)
DanyRose, lors de l'édition 2016 du concours Your Angel Model Search.
DanyRose, lors de l'édition 2016 du concours Your Angel Model Search.

 

 

Un lieu pour vous ressourcer : un lieu où il y a « le vide » et « l’infini ».

Votre plat préféré : je n'en ai pas.

Si vous étiez un vêtement : une petite robe noire qui passe partout.

Si vous étiez une matière : le cuir.

Si vous étiez une musique : Meridian- A moment a part d' Odesza.

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